« Tout d’abord, marcher. La devise du Jubilé, “pèlerins de l’espérance”, nous rappelle le long voyage du peuple d’Israël vers la Terre promise, raconté dans le livre de l’Exode : une marche difficile de l’esclavage à la liberté, voulue et guidée par le Seigneur qui aime son peuple et lui est toujours fidèle. Et nous ne pouvons pas évoquer l’exode biblique sans penser à tant de frères et sœurs qui, aujourd’hui, fuient des situations de misère et de violence, partant à la recherche d’une vie meilleure pour eux-mêmes et pour leurs êtres chers. Un premier appel à la conversion apparaît ici, car, dans la vie, nous sommes tous des pèlerins. Chacun peut se demander : comment est-ce que je me laisse interpeller par cette condition ? Suis-je vraiment en chemin ou plutôt paralysé, statique, dans la peur et manquant d’espérance, ou bien encore installé dans ma zone de confort ? Est-ce que je cherche des chemins de libération des situations de péché et de manque de dignité ? Ce serait un bon exercice de Carême que de nous confronter à la réalité concrète d’un migrant ou d’un pèlerin, et de nous laisser toucher de manière à découvrir ce que Dieu nous demande pour être de meilleurs voyageurs vers la maison du Père. Ce serait un bon “test” pour le marcheur.
En second lieu, faisons ce chemin ensemble. Marcher ensemble, être synodal, telle est la vocation de l’Église. [2] Les chrétiens sont appelés à faire route ensemble, jamais comme des voyageurs solitaires. L’Esprit Saint nous pousse à sortir de nous-mêmes pour aller vers Dieu et vers nos frères et sœurs, et à ne jamais nous refermer sur nous-mêmes. [3] Marcher ensemble c’est être des tisseurs d’unité à partir de notre commune dignité d’enfants de Dieu (cf. Ga 3,26-28) ; c’est avancer côte à côte, sans piétiner ni dominer l’autre, sans nourrir d’envies ni d’hypocrisies, sans laisser quiconque à la traîne ou se sentir exclu. Allons dans la même direction, vers le même but, en nous écoutant les uns les autres avec amour et patience.
En ce Carême, Dieu nous demande de vérifier si dans notre vie, dans nos familles, dans les lieux où nous travaillons, dans les communautés paroissiales ou religieuses, nous sommes capables de cheminer avec les autres, d’écouter, de dépasser la tentation de nous ancrer dans notre autoréférentialité et de nous préoccuper seulement de nos propres besoins. Demandons-nous devant le Seigneur si nous sommes capables de travailler ensemble, évêques, prêtres, personnes consacrées et laïcs, au service du Royaume de Dieu ; si nous avons une attitude d’accueil, avec des gestes concrets envers ceux qui nous approchent et ceux qui sont loin ; si nous faisons en sorte que les personnes se sentent faire partie intégrante de la communauté ou si nous les maintenons en marge. [4] Ceci est un deuxième appel : la conversion à la synodalité.
Troisièmement, faisons ce chemin ensemble dans l’espérance d’une promesse. Que l’espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5), le message central du Jubilé [5], soit pour nous l’horizon du chemin de Carême vers la victoire de Pâques. Comme nous l’a enseigné le Pape Benoît XVI dans l’encyclique Spe salvi : « L’être humain a besoin de l’amour inconditionnel. Il a besoin de la certitude qui lui fait dire : “Ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ” (Rm 8, 38-39) ». [6] Jésus, notre amour et notre espérance, est ressuscité, [7] il vit et règne glorieusement. La mort a été transformée en victoire, et c’est là que réside la foi et la grande espérance des chrétiens : la résurrection du Christ !
Et voici le troisième appel à la conversion : celui de l’espérance, de la confiance en Dieu et en sa grande promesse, la vie éternelle. Nous devons nous demander : ai-je la conviction que Dieu pardonne mes péchés ? Ou bien est-ce que j’agis comme si je pouvais me sauver moi-même ? Est-ce que j’aspire au salut et est-ce que j’invoque l’aide de Dieu pour l’obtenir ? Est-ce que je vis concrètement l’espérance qui m’aide à lire les événements de l’histoire et qui me pousse à m’engager pour la justice, la fraternité, le soin de la maison commune, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte ?
Sœurs et frères, grâce à l’amour de Dieu en Jésus-Christ, nous sommes gardés dans l’espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5). L’espérance est “l’ancre de l’âme”, sûre et indéfectible. [8] C’est en elle que l’Église prie pour que « tous les hommes soient sauvés » (1Tm 2,4) et qu’elle attend d’être dans la gloire du ciel, unie au Christ, son époux. C’est ainsi que s’exprime sainte Thérèse de Jésus : « Espère, ô mon âme, espère. Tu ignores le jour et l’heure. Veille soigneusement, tout passe avec rapidité quoique ton impatience rende douteux ce qui est certain, et long un temps très court » ( Exclamations de l’âme à son Dieu, 15, 3). [9] Que la Vierge Marie, Mère de l’Espérance, intercède pour nous et nous accompagne sur le chemin du Carême.
Rome, Saint-Jean-de-Latran, 6 février 2025, mémoire de Saint Paul Miki et ses compagnons, martyrs.
François
[1] Cf. Lett. enc. Dilexit nos (24 ottobre 2024), n. 220
[2] Cf. Homélie de la messe de canonisation des Bienheureux Giovanni Battista Scalabrini e Artemide Zatti, 9 octobre 2022.
[3] Cf. Idem.
[4] Cf. Ibid.
[5] Cf. Bulle Spes non confundit, n. 1.
[6] Lett. enc. Spe salvi (30 novembre 2007), n. 26.
[7] Cf. Séquence du dimanche de Pâques.
[8] Cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 1820, 1821.
dans l’auditorium du lycée agricole de Pouillé.
Après un moment de prière et de chant, Mgr Emmanuel adressa un mot d’accueil et d’introduction à cette matinée de préparation au Jubilée de l’année 2025.
Il nous a invité avec tendresse et conviction, à devenir des pèlerins de l’espérance (thème du Jubilé), une mission qui n’est pas réservée aux religieux, mais qui est confiée à chacun de nous. Il nous rappelle l’importance de prendre du temps dans nos journées pour le silence et la prière, afin de discerner les petits signes d’espérance qui jalonnent nos vies, souvent discrets mais bien présents. Ce regard attentif, inspiré par l’appel du Concile à « scruter les signes des temps », nous aide à rester vigilants face à la tentation de croire que le mal domine, et à nous ancrer dans la certitude que le Seigneur est toujours à nos côtés. Cela demande une qualité de contemplation. Dans ce sens, nous sommes tous appelés à être des contemplatifs.
Avec délicatesse, il nous encourage à nommer dans nos cœurs les personnes qui nous entourent, celles qui nous sont confiées et pour lesquelles nous sommes appelés à devenir des signes vivants d’espérance. Que ce soit à travers des actes de solidarité, l’accompagnement dans les moments de deuil, ou l’attention portée aux jeunes, l’Église regorge de lieux et de moments où cette espérance peut être partagée.
Enfin, il nous exhorte à répondre aux grands défis de notre époque, à être attentifs aux grands sujets qui habitent notre société, comme par exemple, le partage des richesses, le respect de la création, et la justice sociale.
Ces appels doivent résonner dans nos cœurs et nourrir notre engagement.
Après ces mots d’accueil de notre évêque, Régis Lefèvre, un membre du conseil pastoral diocésain animait la matinée et nous a présenté le rôle et le travail de ce conseil constitué de 25 personnes, qui se réunit 3 fois par an avec l’évêque.
Ensuite nous avons entendu 3 grands témoignages qui manifestent des signes d’espérance dans notre diocèse.
Le premier témoignage portait sur la mission du Secours Catholique. Marie, la présidente du Secours catholique du Maine-et-Loire et Sylvie une bénévole ont pris la parole et nous ont donné un témoignage poignant de leur expérience et engagement.
L’association accompagne 4600 personnes en situation de précarité et compte sur 965 bénévoles pour lutter contre la pauvreté, l’isolement et promouvoir la solidarité chrétienne.
Sylvie, originaire de l’étranger et en attente de régularisation, vit une situation de précarité en habitant chez sa fille. Malgré cela, elle a choisi de devenir bénévole, touchée par l’esprit de partage. Elle participe à l’accueil, à des distributions alimentaires et à un atelier cuisine. Pour Sylvie, servir au Secours Catholique lui permet d’offrir de l’espoir et du réconfort aux autres tout en transcendant ses propres difficultés. Sa foi en devenir la pousse à envisager le baptême, inspirée par l’amour et la charité qu’elle perçoit dans son engagement.
Marie a souligné que l’action auprès des pauvres est profondément évangélique, car c’est à travers eux que le Christ se manifeste. Elle a insisté sur l’importance de l’accueil inconditionnel et le respect de la dignité, en voyant chaque personne, quelles que soient ses fragilités, comme une création de Dieu. Le Secours Catholique incite à sortir de sa zone de confort et à créer des liens au-delà des barrières sociales ou religieuses.
Marie et Sylvie ont été des signes d’espérance, incarnant la présence du Christ et rappelant que même ceux qui n’ont rien peuvent être une source d’inspiration pour les autres.
Pour le second témoignage, deux sœurs de la Congrégation des « Filles du cœur de Marie compatissantes au pied de la Croix » et un laïc, « ambassadeur de la Vraie Croix », ont expliqué leur projet de créer un sanctuaire pour mettre en valeur la relique de la Sainte Croix que la Congrégation possède depuis 1241, date où elle fut ramenée par Jean D’Allye de Terre Sainte.
Le sanctuaire est en cours d’aménagement pour mettre en valeur la Croix au sein de la chapelle de la congrégation. Il comprendra : un espace de recueillement et d’adoration contemplative et une salle muséographique pour expliquer l’histoire et la symbolique de la Croix. Des travaux garantiront l’accessibilité à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite. Le sanctuaire vise à accueillir pèlerins et visiteurs dans un esprit d’écoute, de prière et de ressourcement. Il sera un lieu de consolation où chacun pourra déposer ses peines et intentions au pied de la Croix, dans une expérience de la miséricorde divine. La Croix, protégée dans un reliquaire orné, sera placée au centre d’un espace pensé comme un cheminement spirituel.
Un mur en forme de livre, à l’entrée du sanctuaire symbolisera l’histoire du lieu et l’avenir à écrire ensemble. On pourra y lire les paroles de la fondatrice : « La Croix et les pauvres sont les deux trésors que je lègue à mes filles ».
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’année jubilaire. Nous sommes tous invités le Dimanche 8 Juin 2025, jour de la Pentecôte, à 15h30, à Beaugé en Anjou, pour la bénédiction et l’inauguration de ce nouveau sanctuaire.
Ensuite pour le troisième témoignage, les équipes de Saumur et du centre ville d’Angers nous ont expliqué comment elles avaient organisé et vécu les journées du Congrès Missionnaire dans leur localité. Leur enthousiasme fut contagieux et source d’inspiration. Certaines idées peuvent être reprises comme des « outils » pour des initiatives dans la paroisse.
Puis, nous avons eu un temps d’échange par groupe de 4, pour partager les signes d’espérance de cette année et les défis à affronter.
Mgr Delmas a repris la parole pour conclure ce temps ressourçant et inspirant. Il a annoncé qu’il ouvrira solennellement l’année sainte lors des vêpres à la cathédrale le 29 décembre prochain. Il espère voir une cathédrale pleine à cette occasion. Venez nombreux !
Une bougie confectionnée par les Carmélites d’Angers qui prie pour nous sera remise à chaque paroisse, ainsi qu’un fascicule avec toutes les propositions pour l’Année Jubilaire.
Les membres de notre paroisse présents à cette rencontre diocésaine : Père Jean-Marc Marie André csc, Françoise Lamy, Jean-Paul Grimaud, Céline Cochin et Laurent Misandeau.