L’éclat d’espérance

Gérard Naslin, prêtre du diocèse de Nantes, propose quelques bonnes nouvelles auxquelles il donne le nom d' »éclats d’espérance ». A travers l’actualité du monde et de l’Église, grâce à des témoignages lus ou entendus venant de croyants ou de non-croyants, il glane ces « éclats » devenus pour lui autant d’étincelles de la Bonne Nouvelle. Pour lui , Dieu espère en l’homme. (Les librairies.fr)


« Main dans la main »

« Main dans la main » est un réseau d’écoles bilingues hébreu/arabe créées en 1997, Efrat Meyer est principale du lycée Max Rayne de Jérusalem, lycée fréquenté par des jeunes de 12 à 18 ans, un des six établissements du réseau « Main dans la main » réparti sur l’ensemble du territoire israélien. «Nos écoles répondent à un manque, et accueillent plus de 700 élèves juifs et arabes qui ont l’opportunité d’apprendre non seulement la langue de l’autre, mais aussi de découvrir sa culture. »

« Notre école propose des programmes consacrés aux cultures juives, musulmanes et chrétiennes avec leurs coutumes, leurs fêtes et leurs croyances. En parallèle de cet apprentissage à égalité des cultures juives et palestiniennes, les réalités de la société israélienne ne sont pas mises de côté dans nos écoles : nous étudions ces fortes inégalités et les solutions à mettre en place pour les résorber. »


Les écoles « Main dans la main » ont subi le choc du 7 octobre et de ses suites avec une douleur particulière : « les massacres du Hamas et les ravages de la guerre ont évidemment posé un immense défi pour toute la communauté enseignante. Les familles de nos élèves comptent des morts des deux côtés causées par les attaques du 7 octobre et de la guerre en cours. » Efrat Meyer voit dans la poursuite des cours et des activités organisées par l’école un motif d’espérer : « nous vivons des temps si terribles que le simple fait d’être en mesure de continuer à accueillir nos 700 élèves à 8 heures du matin et de maintenir cette routine de réunir juifs et arabes quotidiennement me permet de rester optimiste. »

Chaque classe organise désormais un moment de dialogue hebdomadaire de deux heures où aucune question n’est écartée. Loin de provoquer des confrontations Efrat Meyer a pu constater que ces élèves continuaient à se réclamer des valeurs de respect et d’écoute mutuels au cours de ces sessions. Si l’empathie ne s’impose pas naturellement, ils sont au moins en mesure de comprendre le point de vue de l’autre et d’analyser la situation avec un esprit critique.

Aucun parent n’a décidé de retirer son enfant de l’école depuis le 7 octobre, ni cédé à la tentation du repli sur soi. Une des manières les plus efficaces de lutter contre les préjugés racistes est de lier le plus tôt possible l’enfant avec un accompagnateur issu d’une autre culture : « les plus jeunes ont tous deux enseignants, un juif et un palestinien, ce procédé réduit fortement la tendance à voir l’autre comme un ennemi ou une menace, en grandissant. »

« Il ne tient qu’à nous de construire une société où palestiniens et juifs pourraient vivre ensemble ! Je me sens particulièrement chanceuse de consacrer ma carrière à être une part de la solution et non du problème. Ce pays ne manque pas de bonnes volontés et j’espère que d’autres gens se joindront à nos efforts pour construire cette solution. »
Voilà des raisons de toujours espérer, encore faut-il se tenir la main dans la main.


éclat d’espérance de Gérard Naslin